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Géorgie. Du discours officiel des autorités françaises au ressenti de la population géorgienne.

Euractiv et Vano Shlamov / archives AFP

Suite à la conférence sur l’Ukraine organisée par Sciences po Lyon et l’association Europe des Alters du master AlterEurope le 15 mars 2022, les étudiants actuels du master ont décidé, avec l’aval des responsables pédagogiques et avec l’accord des intervenants, de réaliser une “newsletter spéciale”. Elle reprend les points de vue personnels des intervenants de la conférence, tous d’anciens étudiants, ainsi que les réactions officielles de leur pays d’origine, pays de résidence actuel ou de leur champ d’étude face au conflit dont fait actuellement face l’Ukraine qui a éclaté le 24 février 2022.

Les régions sécessionnistes géorgiennes, c’est-à-dire l’Abkhazie au Nord-Ouest et l’Ossétie du Sud sont sources de préoccupations. En effet, des conflits interethniques ont secoué le pays entre 1991 et 1994. La proclamation d’indépendance des deux régions en 1992 en « République d’Ossétie du Sud-Alanie » et « République d’Abkhazie » n’est pour l’instant reconnue que par quelques pays dont la Russie. Il faut noter que dans les deux régions, le russe est fortement utilisé comme langue de communication et même reconnu comme « langue officielle ». Pour les élections législatives du 12 mars et 26 mars 2022 en Abkhazie, la France a rejoint les délégations de l’UE bien qu’elle ne reconnaisse pas le cadre légal des élections.

La Géorgie a déposé sa candidature d’adhésion à l’UE le 2 mars 2022, un jour avant la Moldavie et deux jours après l’Ukraine. Cette candidature, annoncée par la présidente du pays Salomé Zourabichvili, intervient dans le contexte de la guerre en Ukraine. La Géorgie a depuis 2014 un accord d’association avec l’UE. La population géorgienne se positionne majoritairement pour une adhésion de la Géorgie à l’UE, c’était d’ailleurs une promesse du gouvernement actuel, la guerre en Ukraine ayant précipité cette demande. Cette adhésion à l’UE passe par une européanisation des valeurs, des normes, des mobilités professionnelles, artistiques, de l’enseignement avec par exemple des coopérations universitaires et scientifiques et le renforcement des langues européennes via des programmes européens comme EU4Culture ou EU4Dialogue. 

Pour Ketevan Turmanidze, ancienne étudiante géorgienne du master, la « guerre ukrainienne est notre guerre ». Le gouvernement géorgien ne soutient pas pleinement l’Ukraine, au contraire de la majorité de la population, par peur de représailles. En effet, l’une partie du pays est actuellement sous occupation Russe après la deuxième guerre d’Ossétie du Sud en 2008. La peur est présente puisque les Géorgiens savent que les autres pays anciennement soviétiques sont les prochains si la Russie réussit à gagner l’Ukraine. La Géorgie a besoin de l’UE mais aussi de l’OTAN pour sécuriser le territoire et notamment le Détroit de Bosphore c’est un passage stratégique entre l’Asie et l’Europe puisqu’il relie la mer Noire à la mer de Marmara. Cependant, la dépendance économique, la polarisation entre peuple et élites géorgiennes étroitement liées au pouvoir Russie, ainsi que le financement de certains partis par la Russie a eu pour conséquence le refus du gouvernement géorgien de s’associer aux sanctions européennes prises contre les actions menées par le régime de Poutine.

C.D.

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