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Ouzbékistan. Une population peu concernée par le conflit.

Tachkent, la capitale du pays (Wikimedia Commons)

Suite à la conférence sur l’Ukraine organisée par Sciences po Lyon et l’association Europe des Alters du master AlterEurope le 15 mars 2022, les étudiants actuels du master ont décidé, avec l’aval des responsables pédagogiques et avec l’accord des intervenants, de réaliser une “newsletter spéciale”. Elle reprend les points de vue personnels des intervenants de la conférence, tous d’anciens étudiants, ainsi que les réactions officielles de leur pays d’origine, pays de résidence actuel ou de leur champ d’étude face au conflit dont fait actuellement face l’Ukraine qui a éclaté le 24 février 2022.

Avec plus de 30 millions d’habitants, l’Ouzbékistan est le pays le plus peuplé d’Asie centrale. Coincé entre le Kazakhstan au nord et le Turkménistan au sud, il a été longtemps dirigé par le très autoritaire Islam Karimov, de l’indépendance du pays en 1990 jusqu’à sa mort en 2016. Son successeur et ex-Premier Ministre Shavkat Mirziyoyev entreprend depuis une démocratisation du pays très timide. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la position officielle de l’Ouzbékistan sur le conflit est basée sur la neutralité, le pays ayant simplement appelé à un cessez-le-feu. L’agression n’a pas eu d’incidences sur les relations avec l’UE, le pays étant géographiquement plus proche de Moscou et de Pékin même si elle ne possède pas de frontière directe avec la Russie.

La conférence a donc commencé avec l’intervention de Yuriy Sarukhanian, expert en relations internationales en Ouzbékistan, qui a été beaucoup étonné par la décision de Vladimir Poutine le 24 février dernier.

Il a d’abord relayé l’approche de la population ouzbèke vis-à-vis du conflit, le pays étant divisé en deux groupes. Le premier est radicalement pro-russe, des positions héritées de l’époque où le pays était intégré à l’URSS. Certaines minorités ethniques russes et slaves ont également une bonne opinion de la Russie, arguant que cette dernière a apporté la civilisation au pays. L’autre moitié critique vivement la Russie en affirmant à l’inverse que les Russes ont détruit la culture ouzbèke. Il n’y a cependant pas de manifestations pro-ukrainiennes dans le pays. M. Sarukhanian a mis l’accent sur le fait qu’il n’y ait pas de groupes modérés et que la Russie est malgré tout un acteur majeur en Ouzbékistan : c’est le second partenaire économique du pays et les médias russes tentent tant bien que mal de stopper le « poison pacifiste » occidental. Depuis les premières sanctions économiques des pays occidentaux, l’Ouzbékistan peut profiter d’une Russie maintenant forcée de commercer avec les quelques pays encore ouverts à son marché. On observe aussi l’apparition de certaines problématiques sociales : les travailleurs ouzbèkes expatriés en Russie sont susceptibles de revenir dans leur pays à la suite des sanctions visant le Kremlin, ce qui pourrait entraîner des problèmes sociaux avec notamment augmentation du chômage.

V.J.

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