Newsletter

Roumanie. La société civile : une des premières impliquées dans l’aide aux réfugiés.

CLODAGH KILCOYNE / REUTERS

Suite à la conférence sur l’Ukraine organisée par Sciences po Lyon et l’association Europe des Alters du master AlterEurope le 15 mars 2022, les étudiants actuels du master ont décidé, avec l’aval des responsables pédagogiques et avec l’accord des intervenants, de réaliser une “newsletter spéciale”. Elle reprend les points de vue personnels des intervenants de la conférence, tous d’anciens étudiants, ainsi que les réactions officielles de leur pays d’origine, pays de résidence actuel ou de leur champ d’étude face au conflit dont fait actuellement face l’Ukraine qui a éclaté le 24 février 2022.

L’UE possède des frontières avec l’Ukraine à travers quatre pays de ses membres : la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et enfin la Roumanie. Cette dernière a vu un afflux d’au moins 400 000 réfugiés ukrainiens arriver sur son territoire depuis le début de la guerre en Ukraine. La guerre a provoqué beaucoup d’anxiété au sein du peuple roumain selon Bianca Christina, ancienne étudiante du master AlterEurope. En effet, la frontière commune avec l’Ukraine les confronte directement à la guerre, et crée la peur d’une potentielle invasion russe en Roumanie. Cette anxiété s’est traduite par une forte mobilisation de la société civile en termes d’aides humanitaires. En effet, dès les premiers jours de la guerre, la société civile roumaine s’est organisée pour accueillir les réfugiés ukrainiens aux points de passage, avec également de nombreux volontaires dans les villages près de la frontière. Des associations ont également créé une plateforme qui permet de recueillir toutes les informations pour entrer sur le territoire roumain, et permet aussi de recenser les offres mises en place pour les réfugiés tel que les logements, le ravitaillement, les médicaments, les médecins. Bianca Christina pense que cette forte mobilisation de la société civile provient de la proximité du danger, et par l’empathie des roumains face à laquelle les Ukrainiens sont confrontés.

Cette mobilisation a fait pression sur l’Etat roumaine et les institutions publiques pour mettre en œuvre des dispositifs d’aide. Les transports en communs sont devenus gratuits pour les Ukrainiens, même pour se déplacer dans les pays voisins comme l’Allemagne ou la Pologne, et l’Etat tente d’assurer la gratuité des produits de premières nécessités. De plus, ceux qui souhaitent rester en Roumanie ont la possibilité d’étudier gratuitement en suivant par exemple des cours intensifs de roumain, et certains emplois leur sont réservés. Même s’il a été forcé d’intervenir par pression de la société civile, le gouvernement roumain a in fine mis en place des dispositifs. En plus de ce qui a été mentionné ci-dessus, l’Etat a donné des consignes d’urgence pour un laisser passer des Ukrainiens sans papiers, en plus de conditions particulières pour l’accès à l’emploi.

La question des réfugiés ukrainiens en Moldavie s’est également posée. En effet, la Moldavie possède une frontière commune avec la Roumanie et l’Ukraine, elle est donc aussi en danger face à la guerre. La Roumanie a décidé d’aider la Moldavie dans la gestion des réfugiés car cette dernière ne possède pas les moyens nécessaires pour faire face à la situation. Des bus gratuits entre la Moldavie et la Roumanie ont été mis en place, afin que les Ukrainiens puissent arriver jusqu’à la douane. De plus, 200 000 euros ont été récoltés pour aider la Moldavie, ainsi qu’une aide de la part de l’UE a été allouée. Le soutien Roumain se traduit par leur choix de soutenir l’adhésion de la Moldavie à l’UE.

Enfin, Bianca Christina met en avant le fait que les Roumains perçoivent la gravité de la situation par l’augmentation du nombre d’armes et la présence des Etats-Unis sur leur sol. Même s’ils ont conscience d’être membres de l’OTAN et de l’UE et sont donc relativement protégés, ces évènements ont tendance à semer la panique au sein de la population roumaine. Depuis le COVID, un courant d’extrême droite pro-russe (Alliance pour l’Union des Roumains) commençait à se développer en Roumanie. Or avec la guerre, ce courant politique a été décrédibilisé par la société civile.

A.T.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s